Enseigner ou accompagner, quelle posture adopter envers un entrepreneur innovant ?

Enseigner ou accompagner

Enseigner ou accompagner, quelle posture adopter envers un entrepreneur innovant ?

Du Chevalier Entrepreneur à l’Entrepreneur Innovant 

Le saviez-vous ? Historiquement, dès le Moyen-Âge, les chevaliers qui mènent des actions héroïques de combat, visant à défendre une cause juste sont décrit « entrepreneurs ». Ils sont glorifiés pour leur courage, hardiesse et prise de risque. Bien que l’idée économique de l’entreprise, telle que connue aujourd’hui n’est pas directement associée à la définition de celle du Moyen-Âge. L’entreprise, à cette époque, se lie à la nôtre par le fait qu’elle est menée sur la base d’un contrat préalable, où le prix est négocié à l’avance. C’est ainsi qu’Hélène Verin, historienne, définit l’entreprise chevaleresque comme une « épreuve de soi dans le risque » et un « affrontement par la droiture ». (Vérin H. (2011, 1982), Entrepreneurs, entreprise. Histoire d’une idée, Paris, Classique Garnier).

Comme vous pouvez l’imaginez, la notion d’entrepreneurs a évolué et l’apprentissage de l’entrepreneuriat s’est démocratisé. D’abord aux États-Unis d’Amérique où dès 1971, l’Université de Californie du Sud (University of Southern California) propose un enseignement sur l’entrepreneuriat.  

En France, c’est à la suite des rapports de 1996 et 1998 qui pointent déjà du doigt le manque de formation dans le domaine de l’entrepreneuriat qu’Alain Fayolle (EM Lyon) rédige en 1999 des propositions pour l’enseignement de cette discipline.

Aujourd’hui, presque toutes les grandes écoles de commerce et d’ingénieur, proposent un enseignement, voire, une chaire de recherche sur l’entrepreneuriat avec des spécialités telles que la chaire Antropia Entrepreneuriat et Innovation à Impact à l’ESSEC ou encore la Chaire Entrepreneuriat Territoire Innovation à l’IAE Paris Sorbonne. Si vous lisez cet article, vous êtes peut-être enseignant dans l’une de ces chaires !  

Bien heureusement, cette dynamique s’est accélérée ces dernières années ! Vous avez probablement observé l’émergence d’enseignement sur l’entrepreneuriat innovant, c’est-à-dire, l’enseignement dédié à la création de startup. Par ailleurs, couplé à ces cours sur l’entrepreneuriat, les établissements d’enseignement supérieur proposent, de plus en plus à leurs étudiants, des incubateurs internes.  

Les élèves y bâtissent alors parfois les fondations de leur entreprise. Ainsi, il n’est pas rare d’observer que lors du cursus scolaire, des étudiants mettent en application l’enseignement sur la création d’entreprise innovante en créant leur entreprise. Peut-être avez-vous vous-même des exemples dans votre entourage ! L’apprentissage et la mise en pratique se font conjointement. Ce qui n’est pas sans poser de problème : les parents paient (parfois cher !) pour leur enfant une formation abandonnée pour créer une entreprise ! 

L’enseignant : entre transfert de connaissance et envie d’oser 

Plusieurs approches ont été proposées pour bâtir un cadre d’apprentissage de l’entrepreneuriat. Des enseignements de sensibilisation et d’éveil sont réalisés pour stimuler la curiosité et l’intérêt relatif à la création d’entreprise. À ce niveau, l’enseignant fournit les connaissances de base pour démystifier la création d’entreprise. Il informe de façon factuelle les étapes clés de la création d’entreprise : mécanismes de financement, outils et compétences nécessaires, aspect social et administratif. Pour Alain Fayolle, ce type d’enseignement représente, en 2000, 70 % des enseignements de l’entrepreneuriat dans les écoles de commerce. L’enseignement de l’entrepreneuriat est également réalisé à travers des programmes et formations spécialisés. Dans ces formations, la pédagogie est davantage participative et elle est orientée vers l’étude de cas réels, le montage de projets (fictifs ou réels), l’assistance à des porteurs de projets… (Fayolle A., L’enseignement de l’entrepreneuriat dans le système éducatif supérieur français : un regard sur la situation actuelle, Gestion (2000)).

Ainsi, selon le cas, le rôle de l’enseignant est soit d’apporter une connaissance globale et générale sur l’entrepreneuriat, soit de faire intervenir des entrepreneurs pour qu’ils partagent leurs expériences. À travers son expertise, l’enseignant est en mesure de transmettre des connaissances aux étudiants pour les pousser à la réflexion et à l’action. Il reprend et reformule les concepts pour inciter les étudiants à oser et à prendre des risques en entreprenant.  

En tant qu’enseignant, vous sentez vous plus proche d’un rôle de transmetteur de connaissances ou de catalyseur pour le passage à l’action ? Et vous en tant qu’enseigné ? … Et si c’était une autre forme d’interactions et collaboration que vous souhaitiez obtenir.  

Accélération des pratiques dans un monde en constante évolution 

Hartmut Rosa décrit dans son livre Accélération, une critique sociale du temps, le principe d’accélération du rythme de vie. Il n’a fallu que 4 ans pour que 50 millions d’appareils soient connectés à internet, là où il s’est écoulé 38 ans entre l’invention du poste radio et sa diffusion au même nombre d’appareils.  

Cette accélération n’échappe pas à l’écosystème de l’entrepreneuriat et aujourd’hui, l’enseignement et la création d’entreprise se font parfois en même temps. Le rôle de l’enseignant se trouve changé. L’enseignant qui réalisait un apport de connaissances descendantes, voit sa mission évoluer vers l’animation de connaissances et la transposition à la pratique d’exercices ou de cas concrets.  

Aujourd’hui, il s’agit davantage d’un accompagnement de la réalité. L’enseignant doit donc augmenter sa posture vers celle de l’accompagnant à la création de projets innovants. 

Le rôle de l’accompagnant 

L’accompagnant à la création d’entreprise se détache du rôle d’apporteurs de connaissances qu’est l’enseignant. L’accompagnant apporte une expérience actionnable pour le projet, il est davantage force de propositions. Pour autant, l’accompagnant serait mal avisé de décider à la place du porteur de projet, car ce dernier reste libre de la direction à prendre : c’est, en effet, le porteur qui entreprend. L’accompagnant, en revanche, a son utilité pour le faire réfléchir et envisager les différents scénarios et leurs conséquences, l’aider à prendre du recul sur sa situation. Après tout, l’accompagnant à la création d’entreprise n’est pas en mesure d’apporter un conseil sur une expertise comme un avocat ou un conseiller en propriété intellectuelle ! 

Ainsi, le rôle de l’accompagnant se décline, pour nous, selon les principes fondateurs suivants. 

La bienveillance  

Toutes les personnes autour de vous se considèrent probablement comme bienveillantes. Pour autant, force est de constater que nous ne le sommes pas à tout moment ! Il parait donc nécessaire de se questionner si nous le sommes vraiment. La bienveillance n’est pas une valeur innée mais davantage un travail sur soi de chaque instant. 

L’accompagnant a un ici un rôle de maïeutique, c’est-à-dire, de faire « accoucher les esprits » comme le disait Socrate. Cela se déroule en posant des questions, mêmes naïves, de ce fait, le porteur de projet peut identifier ses manques de précisions et les contradictions dans son raisonnement.  

L’écoute et le soutien 

La posture de l’accompagnant est centrée sur l’écoute, en ce sens, il questionne le porteur de projet sur les différents aspects de la création de son entreprise. Il a la capacité d’évaluer les différents scénarios et de solliciter les bons conseillers experts pour aller plus en profondeur sur les sujets abordés. L’accompagnant partage les informations de sorte que le porteur de projet fasse ses propres arbitrages en toute connaissance de cause. 

Connaissance globale 

Un accompagnant n’est pas un expert dans une thématique donnée. Au contraire, il a une vision globale sur l’ensemble des sujets liés à la création d’entreprise, il est en mesure d’évaluer la cohérence du projet avec une bonne dose de bon sens. 

La répétition 

Un accompagnant suit la vie et le développement de l’entreprise, de près ou de loin. Tout au long de l’accompagnement, il questionne régulièrement le porteur de projet sur les mêmes aspects de la vie d’entreprise. Ainsi, l’accompagnant se doit d’être prêt à répéter les mêmes phrases pour s’assurer que le dirigeant a intégré chaque notion pour arbitrer en conséquence. L’appropriation non rapide n’est pas liée à la mauvaise volonté du porteur de projet, mais plutôt à la multiplicité des connaissances à acquérir.  L’assimilation des connaissances ne se fait pas en seul jour, mais sur le long à terme en appuyant et répétant les grandes phases clés du développement d’une entreprise : c’est le processus normal.  

Vers une hybridation des postures 

Bien que les rôles initiaux d’enseignants, d’accompagnants et d’animateurs sont bien distincts, l’accélération amène un changement de posture. Les enseignants doivent ainsi avoir la capacité de transposer les connaissances sous forme d’atelier, de conseil (sur une thématique experte s’il y a lieu) en sollicitant témoins, anciens créateurs ou prestataires externes pour co-construire les bonnes réponses. Toutefois, cette accélération ne doit pas être vecteur de manque de repère pour le porteur de projet. Ainsi, dans ce contexte d’incertitude économique, les différentes missions et rôles peuvent s’hybrider pour stabiliser le projet. 

Que peut attendre le porteur de projet de nous ? 

Pour accompagner votre projet, ne commettez pas l’erreur de vous tourner uniquement vers un expert de votre secteur. Vous manquerez en apport de connaissances. Chez Mandarine CODI, notre rôle est d’accompagner les porteurs de projets innovants. Nous sommes convaincus que l’accompagnement des porteurs de projets innovants est un élément clé dans la réussite de l’entreprise ! Les formations et actions de conseil que nous déployons permettent aux porteurs de projets d’avoir toutes les cartes en mains.

Effectuation et causation : des approches complémentaires pour innover, entreprendre et intraprendre.



Le premier dispositif de mise en relation de talents de groupe et d'équipes dirigeantes de startup

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